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Prévention et traitement du diabète de type 2: le rôle de l'exercice

Jean-Jacques Grimm, Moutier, Suisse

Deux études rigoureuses, une finlandaise (1) et une américaine (2) nous montrent qu’il est possible de réduire le risque d’apparition d’un diabète de type 2 dans 60 % des cas grâce à un programme d’exercice et une alimentation saine. Dans les deux travaux, les sujets étudiés présentaient une intolérance au glucose, c’est-à-dire un état que l’on peut qualifier de pré-diabétique. Les glycémies ne sont plus tout à fait normales mais ne répondent pas encore aux critères du diabète (glycémie à jeun entre 6,1 et 6,9 mmol/l ou/et 109,8 et 124,2 mg/dl).

Les détails de l’intervention finlandaise figurent sur le tableau ci-dessous:

Réduction de poids > 5 %
Apports de graisses / énergie journalière
< 30 %
Graisses saturées / énergie journalière
< 10 %
Apport en fibres
>=15 g / 1000 kcal
Exercices (aérobie et musculation)
> 4 h / semaine

L’étude finlandaise portait sur 200 personnes, l’américaine sur 2000. Ces derniers viennent de publier les détails et les coûts de leur intervention (3,4). Celle-ci consistait à faire modifier aux sujets concernés leur mode de vie. Les aspects clef de ce protocole étaient les suivants:

- définition claire des objectifs de perte pondérale et d’activité physique ;
- participation de « lifestyle coaches » s’occupant de chaque personne individuellement ;
- intervention intensive durant les 6 premiers mois destinée à standardiser les modifications de style de vie sur l’ensemble du groupe ; séances d’exercice supervisées au moins 2x par semaine tout au long de l’étude. Programme de « maintenance » avec séances de groupe, campagne de motivation et possibilité de redémarrer ;
- stratégie d’adhésion au programme individualisée ;
- matériel didactique et stratégie adaptée aux populations de différentes origine ethniques ;
- réseau local et national de support pour l’entrainement, la récolte des données et le suivi médical.

L’étude comprenait un groupe « contrôle » qui a continué d’être suivi comme avant l’étude. Les participants du groupe « intervention » ont tous suivi 16 séances durant les 6 premiers mois. En voici le contenu :
1) Se convaincre de l’importance de l’engagement personnel dans les modifications du style de vie proposées par l’étude. Enumération des bénéfices possibles. Description des objectifs de l’étude, à savoir 7% de perte pondérale et 150 min. d’activité physique par semaine. Description du rôle du coach dans la manière d’atteindre les objectifs. Introduction à l’auto-monitoring de la gestion de nourriture.

2) Comment devenir un spécialiste de la détection des graisses. Apprentissage du contenu en graisses des différents aliments.

3) Trois manières d’ingérer moins de graisses. Eviter les mets riches en graisses ; manger de plus petites portions ; utiliser des méthodes de cuisson pauvres en graisse.

4) Alimentation saine et structuration de l’alimentation dans la journée. Introduction à la pyramide des aliments.

5) Introduction à l’activité physique et à la manière d’arriver à 150 minutes d’activité physique au cours de 4 prochaines semaines.

6) Etre physiquement actif : un mode de vie.

7) Enseignement des principes de l’équilibre énergétique et de ce qu’il faut faire pour perdre une à deux livres par semaine.

8) S’intéresser à ce qui nous entoure : identifier les éléments de la vie courante menant à la consommation d’aliments malsains et au manque d’activité.

9) Solution de problèmes.

10) Comment manger sainement au restaurant.

11) Comment gérer les pensées négatives.

12) La pente glissante des modifications du style de vie. Identifier les possibilités de dérapage et comment les éviter.

13) Commencer son propre plan d’activité physique.

14) Organiser un tissu social qui vous soutient dans vos efforts.

15) Comment gérer le stress.

16) Comment rester motivé.

En janvier dernier, ce sont les coûts d’une telle intervention qui ont été publiés (4). Ceux-ci se déclinent comme suit : dépistage des sujets intolérants au glucose $ 139.-. Prix de l’intervention sur le mode de vie : $ 2780.- sur 3 ans. Il faut donc dépenser environ 1000€ par année chez 100 personnes pour éviter l’apparition d’un diabète chez 60 d’entre elles sur 3 ans. Nous ne savons pas, à l’heure actuelle, si ce bénéfice se maintient à 5 ans, 10 ans ou plus et dans quelle mesure. Quoi qu’il en soit, il semble que le jeu en vaut la chandelle : 1000€ par an est du même ordre de grandeur que le traitement médicamenteux du diabète. De plus, la personne exempte de diabète ne développe pas de complication !

Qu’en est-il du rôle de l’exercice dans le diabète de type 2 avéré ? Il ne s’agit pas, ici, de rester fixé sur la glycémie uniquement. Les bénéfices potentiels de l’activité physique chez les diabétiques de type 2 sont multiples :
1) équilibre glycémique ;
2) facteur de risque vasculaire, notamment le cholestérol ;
3) poids ;
4) effet à long terme sur la mortalité ;
5) acceptation de la maladie et qualité de vie.

Cependant, si l’on répertorie l’ensemble des études consacrées à ce sujet ces 15 dernières années, leurs conclusions sont apparemment contradictoires. Certains (5) ne décrivent aucun effet notamment chez les personnes âgées. Deux publications récentes (6, 7) décrivent une amélioration de l’équilibre glycémique. Les deux ont des programmes d’exercice incluant une partie d’entraînement de résistance. Dans les 2 cas, il s’agit de sujets de plus de 50 ans. Les séances d’exercice supervisées ont lieu 3x/semaine, durent 45 min. et comprennent un entraînement de résistance effectué sur des machines avec de faibles poids et des répétitions plutôt nombreuses. Dans les 2 études, l’équilibre glycémique moyen s’améliore de manière significative.

L’exercice a donc définitivement son rôle dans la prévention et le traitement du diabète de type 2. Nous savons maintenant ce qu’il faut faire pour obtenir des effets bénéfiques. Reste à convaincre les candidats potentiels et à trouver le meilleur moyen pour les soutenir dans leurs démarches de modification de style de vie.

Références :

1. Tuomilehto J, Lindström J, Eriksson JG et al. ; Prevention of type 2 Diabetes Mellitus by changes in lifestyle among subjects with impaired glucose tolerance; N Engl J Med 2001; 344:1343-1350.

2. Diabetes Prevention Program Research Group; Reduction in the incidence of type 2 diabetes with lifestyle intervention or metformin; N Engl J Med 2002; 346:393-403.


3. The Diabetes Prevention Program (DPP) Research Group. The Diabetes Prevention Program (DPP). Description of lifestyle intervention. Diabetes Care 2002; 25:2165-2171.

4. The Diabetes Prevention Program (DPP) Research Group. Cost associated with the primary prevention of type 2 diabetes mellitus in the diabetes prevention program. Diabetes Care 26:36-47, 2003.


5. Ligtenberg PC, Hoekstra JB, Bol E, Zonderland ML, Erkelens DW; Effetcts of physical training on metabolic control in elderly type 2 diabetes mellitus patients; Clin Sci (Lond) 1997; 93(2):127-135.

6. Maiorana A, O’Driscoll G, Goodman C, Taylor R, Green D; Combined aerobic and resistance exercise improves glycemic control and fitness in type 2 diabetes; Diabetes Res Clin Pract 2002; 56(2):115-123.


7. Castaneda C, Layne JE, Munoz-Orians L, Gordon PL, Walsmith J, Foldvari M, RRonbenoff R, Tucker KL, Nelson ME. A Randomised controlled trial of resistance exercise training to improve glycemic control in older adults with type 2 diabetes. Diabetes Care 2002; 25(12):2335-2341.



















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