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Bientôt Sierre-Zinal

Le 8 août prochain se courra la prestigieuse épreuve de Sierre-Zinal. Un coureur diabétique témoigne de son expérience vécue l'an dernier.

Ma course Sierre - Zinal

Le 11 août 2003

Une des plus belles courses de montagne du monde, plus de 30 kilomètres, avec 2'000 mètres de dénivelé, ce qui représente 50 kilomètres effort. Course palpitante, haletante, démentielle, avec toues les topographies du terrain possibles. Lever à 5 heures du matin, un peu d'étirement, et une bonne douche froide. pour réveiller la musculature. Ensuite copieux petit-déjeuner, plus de 100 grammes de glucides. Préparation du sac : ne pas oublier les fruits pour l'après course, bananes, pêches, jus de fruits (efficace pour refaire le stock de glycogène perdu) eau fortement minéralisée. Il y a aussi le miel, c'est peut-être paradoxal pour un diabétique, mais absorbé avant le départ, c'est un sucre très efficace, naturel en plus, afin d'élever la glycémie très rapidement, si cette dernière est basse, ou trop juste. Ma boisson isotonique dans le « Camel-Back » (sac à dos à boisson) et, indispensable aussi, mon Top Ten : c'est du glucose avec du concentré de myrtille et cola. A ne pas omettre sur une course aussi longue. De toute manière, je le prends à toutes mes courses. Ce petit flacon contient 120 grammes d'hydrates de carbone.

Pendant le trajet en voiture, une heure avant la course, je m'arrête et je programme le débit d'insuline de ma pompe au minimum, c'est-à-dire 10%.

22° à l'hôtel Weisshorn

Avant de charger mon sac sur le camion qui transporte mes affaires jusqu'à Zinal, je prends une dernière glycémie 20 minutes avant le départ. Un peu tendu, glycémie à 6,7 mmol/l, c'est beaucoup trop juste, car j'ai l'insuline du petit-déjeuner qui est encore en activité.

L'idéal, ce serait d'être aux environs de 10 mmol/l. C'est pourquoi je prends aussitôt 3 à 4 cuillères de miel, plus du thé sucré, car un tiers de la course est en très forte déclivité, entre 15 et 20 % par endroit, et la glycémie chute à vitesse grand V. Je m'échauffe jusqu'à la ligne de départ, légèrement stressé ; on nous annonce la canicule, à 9 heures, il fait déjà 25°, à 1600 mètres, et 22 ° à l'Hôtel Weisshorn (2400 mètres d'altitude). Imaginez-vous aux environs de midi.

Pour moi, c'est un handicap certain, car j'aime courir par temps frais 10° à 15° où moins, mais on est tous à la même enseigne.

Un dur parcours en forêt

Le départ est donné, la première partie du parcours dans la forêt est certainement la plus dure, psychologiquement et physiquement, un fort pourcentage de pente sur 8 - 9 kilomètres. Je me sucre, en 2 - 3 prises, après 4 - 5 heures de course, plus ma boisson isotonique.

Mais pendant tout le parcours, c'est au feeling qu'il faut se fier en sachant qu'il est préférable d'avoir une glycémie un peu trop élevée que l'inverse. Mon rythme de course est assez régulier, néanmoins un peu moins rapide lors des précédentes éditions.

Arrivé à Chandolin, la chaleur est bien au rendez-vous et la fatigue aussi. Cette année, j'ai le privilège d'avoir une glycémie faite par une connaissance. Glycémie à 4,2 mmol/l, pour moi, c'est la gifle, car ça veut dire que j'étais toujours un peu en dessous, pendant le premier tiers de la course, et il est certain que cela m'a pénalisé au point de vue du rythme. Je me sucre avec le glucose 30 à 40 grammes, et profite de boire également de l'eau, car il reste encore plus de 18 kilomètres à souffrir. Bien qu'encore très vallonné, le plus gros est fait. J'arrive au bas de la montée du Weisshorn :montée sévère en 3 paliers, je me sucre, quelle chaleur ! J'enchaîne course et marche. Libération, je suis au sommet du Weisshorn, je vous promets que çà côte, mais je m'arrache : c'est ma course.

La patience est bénéfique

Je bois et me re-sucre encore. Maintenant, j'amorce la partie du parcours en dévers (à flan de coteau) et descendante sur Zinal, environ 10 kilomètres. C'est la partie où je suis le plus à l'aise et j'essaie de donner le maximum. Mais c'est aussi la partie la plus difficile pour dépasser les autres concurrents, car les sentiers sont étroits et pierreux ; et c'est souvent une perte de temps non négligeable. Cette année, il y avait encore des enfants qui étaient partis depuis le Weisshorn. Il ne me fallait donc pas trop brusquer le passage, même si on court pour le chrono, il faut savoir se montrer patient, et ça passe ! J'arrive dans les derniers kilomètres, c'est carrément les montagnes russes et il faut ouvrir bon pied, bon oil, pour rester debout. Les deux derniers kilomètres, c'est en pente vertigineuse dans les pâturages et chemins forestiers, les jambes flageolent , j'entends la musique des haut-parleurs, mais je ne suis pas encore à l'arrivée, les muscles tendent, mais je n'ai pas eu de crampes et j'ai encore un peu de jus pour finir, pas d'hypoglycémie en vue, j'arrive dans les derniers 500 mètres sur la route, c'est l'apothéose !

La satisfaction d'avoir réussi

Je passe la ligne d'arrivée, c'est la délivrance, une joie et une grande satisfaction personnelle, beaucoup de souffrance aussi. Mais Dieu soit loué, sans crampes, sans claquages, sans se tordre les pieds ce qui est presque une gageure sur un tel parcours. Je peux dire : j'ai vaincu Sierre - Zinal, ,mon chrono est de 3 heures 45, bien que je perde un quart d'heure sur mes temps précédents. Avec la canicules, l'objectif était d'atteindre Zinal, sans défaillance. Ah oui, ma glycémie à l'arrivée, 7,8 mmol, faite une demi-heure après, ce qui est tout à fait bon, mais dans l'ensemble, je ne me suis pas assez sucré, à méditer pour la prochaine édition.

Mais il est vrai que dans une telle course, parfois je ne sais plus très bien où j'en suis. Ma prise de glucides sur le parcours est d'environ 130 grammes d'hydrates.

Sierre - Zinal, c'est bestial ! Avis au amateurs !

Patrick Andrey, AVD

Cet article a paru dans le journal des diabétiques.












Voir aussi sous http://www.sierre-zinal.com/site2004/index.php

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